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La surdité héréditaire chez les Russell terriers
La tare héréditaire de la surdité existe chez les Russell terriers. Les vétérinaires en rapportent régulièrement des cas, mais les éleveurs rarement. Nous ne connaissons pas l’importance de la propagation de cette tare dans notre cheptel canin. À l’exemple d’autres races qui ont également des problèmes de surdité, le club va mettre en place un dépistage de la surdité.
Quels sont les vecteurs de la surdité héréditaire ?
Le gène responsable est nommé sW (s self signifiant uniforme ; W white signifiant). Il provoque l’absence de pigmentation de la robe et intervient parfois, avec l’action combinée d’autres gènes, dans l’oreille interne. Il entraîne la dégénérescence des cellules de la cochlée dès les premières semaines conduisant à une surdité irrémédiable.
Il est facile de reconnaître un chiot sourd bilatéral (S.B.) : le chiot est calme, il dort beaucoup et ne tressaute pas au bruit provoqué.
En revanche, il est quasi impossible de reconnaître un chiot entendant unilatéral (E.U.). Il peut passé inaperçu. Sa vie d’adulte sera tout à fait normale mais il transmettra le gêne récessif de la surdité à sa descendance. C’est le hasard qui décidera si une ou deux oreilles des rejetons sont atteintes. La surdité bilatérale est un sérieux handicap. Elle ne peut être enrayée sur la descendance, il appartient aux éleveurs d'écarter de la reproduction les géniteurs de chiots E.U. détectés puisqu'il est tout aussi néfaste que des chiens E.U. ou S.B. se reproduisent.
Le test PEA
La recherche génétique n’a pas encore mis au point de test sanguin qui serait une aide précieuse pour le choix des reproducteurs. Il faudra attendre quelques années avant de disposer d’un tel outil. En attendant, le seul test fiable et objectif pour le dépistage des entendants unilatéraux reste l’enregistrement et l’étude des PEA (Potentiels Évoqués Auditifs).
Ce test est effectué et interprété par des vétérinaires spécialisés, selon un protocole agréé par la S.C.C. Le coût est d’environ 40 à 50 euros. Les vétérinaires sont soumis au secret professionnel absolu. Le résultat d’un test ne peut être communiqué au club que par le propriétaire du chien testé.
Les statistiques pour d'autres races
Une surdité congénitale est reconnue dans de nombreuses races de chiens dont le fond de robe est blanc (le dalmatien, le setter anglais, le border collie, le bull-terrier, le cocker...) ou de chats à robe blanche et aux yeux bleus. Malgré le fait avéré que certains gènes régissant la pigmentation soient associés à la surdité, la mécanique héréditaire de la surdité reste à ce jour très mal connue.
Chez les dalmatiens, où l'on dépiste cette tare depuis longtemps, il existe, à l’échelon européen, 5 % de sourds bilatéraux et 15 % d’entendants unilatéraux.
Chez les bull-terriers blancs, on compte 2 % de sourds bilatéraux et 18 % d’entendants unilatéraux.
Chez les bull-terriers blanc et de couleur, on compte 1,1 % de sourds bilatéraux et 9,9 % d’entendants unilatéraux.
Chez les bull-terriers de couleur, on compte 0 % de sourds bilatéraux et 1,3 % d’entendants unilatéraux.
Quels problèmes pour les propriétaires de chiens sourds ?
L’institution californienne Deaf Dog Education Action Fund, (Fond d'Action et d'Éducation des Chiens Sourds) a démontré que très peu de propriétaires de chiens sourds ont eu a affronter des « calamités » liées au handicap de leur protégé. Leurs problèmes n’ont rien de plus extraordinaire que ceux, typiques, de tout propriétaire de chien ordinaire : les habituels dégâts ménagers, les intrusions de voisinage ou les trous dans le gazon.
Bien sûr, chacun d’entre eux doit s’adapter au handicap de son chien et prendre des dispositions particulières. Chacun redoublant d’astuce et inventant un langage des signes pour communiquer avec son chien. D’autre part, ils découvrent que leur animal est très sensible au langage du corps, aux postures et humeurs du patron. Quoi de plus étonnant, quand on sait qu’à leur tour d’autres chiens sont d’excellents auxiliaires pour les personnes handicapées.
Et pour les Russell terriers ?
Chez les Russell terriers des cas sont reconnus par les vétérinaires. Les éleveurs ne sont guère bavards sur le sujet mais témoignent de leur bonne foi. L'un d'entre-eux annonce que dans son élevage il n'a rencontré le problème qu'avec des femelles blanches !
Pour la chasse au terrier étant donné que le chien est autonome sous terre et qu’il se guide au nez, rien ne lui interdit de faire son travail. Ses habituels adversaires ne cherchent justement pas à se faire remarquer. Quant aux abois, ils ne manquent pas. Les chasseurs interrogés sur cette éventualité le confirment mais très peu y ont été confrontés.
Pour la chasse « sur terre », broussaillage, etc. le rappel à la corne d'un chien seul est évidemment impossible. Cependant, en groupe, le chien sourd est tout fait capable de faire son travail ! Des témoignages de chasseurs très expérimentés le certifient. Au point que selon une anecdote, un chasseur-éleveur affirme qu'il ne s'était même pas aperçu qu'une de ses petites chiennes JRT était sourde : c'est à l'occasion d'un séjour de la chienne chez un autre patron que son « handicap » a été constaté !
D'autre part, beaucoup de chasseurs travaillent aujourd'hui avec un collier électronique pour rappeler leurs chiens...
Dans une autre activité, un éducateur canin confirme qu'il fait travailler sa chienne (JRT) en agility sans plus de problème qu'avec un autre chien !
Un chien sourd n'est donc pas condamné à l'euthanasie à cause de son handicap ! Il n'est pas « catastrophique » d'avoir un chien sourd si l'on est adoptant (et aimant) ! Le rapport du chien sourd avec le clan familial est juste différent !
Pour l'éleveur c'est beaucoup plus ennuyeux puisqu'il doit préserver les standards et faire face aux réclamations lorsque se présente un problème de surdité qui lui a échappé.
Cependant pour pallier à la prolifération de cette tare héréditaire, le comité du Club du Jack Russell Terrier a décidé qu’à partir du 1 janvier 2007, les champions de beauté et de travail devront être entendants bilatéraux (certifié par l’enregistrement des P.E.A.) pour être homologués, si le comité de la S.C.C. accepte cette proposition.
En résumé
Un éleveur soucieux de sélection devrait tester ses reproducteurs, tester le plus grand nombre de famille de portées et, si possible, ne poursuivre sa lignée qu’à partir de chiens entendants bilatéraux en écartant les reproducteurs qui génèrent des entendants unilatéraux.
Complément d'information
La surdité chez le dalmatien
La surdité chez le bull-terrier
DeafDogs, Le Fond d'Action et d'Éducation des Chiens Sourds
Cette institution californienne lutte pour l'intégration des chiens sourds. Site anglophone.
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