Club officiel de la race en France. Il est affilié à la Société Centrale Canine. Il gère l'élevage du Jack Russell Terrier et du Parson Russell Terrier.
La Société Centrale Canine

La chasse du renard

Il s’agit là essentiellement de la chasse sous terre. Bien sûr, il est possible de chasser le renard sur terre au broussaillage, à la billebaude, mais ce mode de chasse est plutôt réservé aux chiens courants et se termine presque toujours par le terré du renard dans sa garenne.

Une chasse souterraine
Frères ennemis C’est pour cette fonction très particulière qu’a été créé le Jack Russell Terrier. C’est-à-dire chasser avec les chiens courants. Actuellement en Grande-Bretagne, le Jack Russell Terrier est utilisé par des professionnels du déterrage pour mettre dehors les renards, la veille des chasses à courre du Pack de Fox Hound. Ils suivent également la chasse des Fox-Hound le jour du laisser-courre. Le plus souvent en plaine, ils sont transportés par les cavaliers sur le pommeau de la selle où suivent les cavaliers véhiculés en 4x4 par l’équipe des déterreurs et servent à faire repartir le renard quand celui-ci se terre ou se réfugie sous des tas de balles de paille. C’est pour cette raison de commodité que leur taille est inférieure à 3O cm. Par contre, dans les collines du Pays de Galles ou les endroits escarpés du nord de l’Angleterre, ils ne peuvent suivre les Fox Hound qu’en courant avec eux : leur taille nécessaire à ce travail est alors supérieure et varie de 3O à 37 cm.
En France, les équipages de déterrage sont nombreux, depuis toujours. L’association Française des Équipages de Vénerie sous Terre regroupe près d’un millier d’équipages spécialisés sur le renard, le blaireau mais aussi le ragondin. Dans la plupart des régions, le déterrage est autorisé toute l’année. Mais en fait, les périodes de chasse sont assez cloisonnées : d’août à septembre avec les chiens courants du lieutenant de louveterie dans les maïs. À la billebaude pendant la période d’ouverture générale. Au « sauteux » en décembre et janvier pendant les amours souterraines des renards. Par déterrage de février à juin.

Quel chien choisir ?
Répondre à cette question, c’est déjà avoir beaucoup d’expérience de la chasse sous terre et avoir plusieurs chiens. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, mais ce qui est obligatoire pour être maître d’équipage déclaré officiellement auprès de la D.D.A. de votre préfecture. Officiellement, vous devez avoir un minimum de 3 chiens tatoués et vaccinés contre la rage. L’autorisation de la D.D.A. est renouvelable tous les 5 ans.

A quel âge un Jack Russell Terrier peut-il chasser sous terre ?
Prêts pour la chasse.Les avis sont partagés sur cette question. Ils ne devraient pas l’être. Pour affronter seul, sous terre dans un milieu hostile, dans le noir absolu, un renard une fois et demi à deux fois plus gros que lui, le Jack Russell Terrier doit être parfaitement adulte. Physiquement certes, mais aussi psychologiquement. Il ne faut jamais mettre sous terre un chien Jack Russell Terrier avant l’âge de 15 à 18 mois. Avant cet âge, vous risquez d’ébranler le moral de votre chien s’il a à affronter pour la première fois un « vieux » ou une « vieille » agressive qui en a vu d’autres. Par contre, il est toujours souhaitable d’emmener votre jeune Jack Russell assister au déterrage des anciens solidement enchaîné à distance du terrier. Ce sera le début de son expérience et son envie de chasser sous terre se trouvera décuplée de sortie en sortie.

Faut-il entraîner au terrier artificiel le jeune Jack Russell avant de le lâcher sous terre ?
Confrontation La plupart du temps la première expérience se passe sous terre. Il en a été aussi tout au moins pour mes premiers Jack Russell. Mais j’avoue avoir changé d’avis depuis que je juge les épreuves au terrier artificiel. Cet outil permet en effet de savoir très vite les qualités ou les défauts du jeune chien (ou d’un plus vieux) avec certitude et rapidement. Il faut en effet beaucoup de sorties au naturel pour se faire une opinion sur les qualités intrinsèques d’un chien et de sa chasse sous terre. Alors qu’au terrier artificiel, très vite, vous savez s’il est prudent ou trop mordant, vous jugez très vite de la qualité de son nez, de son agilité à se déplacer, de sa pugnacité ou de sa volonté à passer un rétrécissement, de la qualité de sa voix, de la distance à laquelle il maintient le ferme, de sa résistance aux attaques du renard. Bien sûr, le passage au naturel est une autre expérience pour votre Jack Russell Terrier. Mais le plus souvent, elle ne fera que confirmer l’opinion acquise au terrier artificiel. Au total, si vous voulez bien connaître votre chien, le passage au terrier artificiel vous aidera beaucoup.

La chasse au « sauteux »
Patience et passionCette chasse ancienne, semble avoir été redécouverte depuis quelques années. Elle se pratique en Normandie depuis toujours pendant la période des amours des renards, de fin novembre à janvier. Les renards pendant cette période sont habituellement terrés. Les maïs sont coupés, la végétation est retombée, il n’y a plus de couvert. Les mâles recherchent les femelles en rut dans les grandes garennes y compris celles du blaireau. La chasse consiste à faire « sauter » le renard de sa garenne à l’aide d’un chien Jack Russell Terrier et de le tirer au fusil après la sortie du trou. Cette chasse se pratique avec un chien expérimenté, créancé sur le renard (n’attaquant pas le blaireau), peu mordant, si possible capable de revenir à l’ordre (pour éviter de déterrer), souvent un vieux chien expérimenté et intelligent. La technique du chien consiste à poursuivre jusqu’à la sortie, le renard, par des abois très cadencés et soutenus. S’il y a accul, l’intelligence du chien est de rompre cet accul de temps en temps pour laisser fuir le renard… Autant dire que des chiens de cette valeur là ne sont pas légions et que quelquefois le « sauteux » se termine par un déterrage. Pour pratiquer cette chasse, il faut de 1 à 5 fusils suivant la grandeur de la garenne. Le chien enchaîné est amené à contrevent de la garenne. L’approche se fait en silence car le renard se repose souvent à quelques mètres de la sortie des trous. Le chien lâché, choisit très vite le trou habité après une rapide inspection, au nez, de tous les trous de la garenne. Dès qu’il est sous terre, les tireurs se « placent » en silence sur la garenne pour pouvoir couvrir tous les angles de tir. Le « saut » peut être très rapide, il peut aussi demander du temps et l’attente devenir longue. La patience est de rigueur. Les abois sous terre que l’on suit plus ou moins bien aident les passionnés à patienter. Le tir n’est pas toujours facile et le renard s’échappe souvent par un trou dissimulé à la vue des chasseurs. Après le « saut », le chien ressort vite pour rentrer tout de suite s’il y a un deuxième renard. Surtout ne pas bouger et attendre le 2ème « saut ». Si le chien ne se retire pas à nouveau, il est de bonne règle de faire vérifier la garenne par un autre chien. Il peut y avoir de 1 à 5 renards dans une garenne suivant sa taille pendant les amours. C’est ce genre de chasse qui est pratiqué en Angleterre par les déterreurs la veille du laisser-courre. Mais eux, ne tirent pas, ils rebouchent les trous.. Quelquefois cependant, le renard ou les renards refusent de sauter (souvent quand l’approche a été bruyante) et s’acculent. Il faut déterrer. Si bien qu’il n’est pas envisageable de pratiquer la chasse au « sauteux » sans emmener le matériel de déterrage.

La garenne du renard
Début mars, la femelle met bas de 2 à 6 petits en moyenne. Mais il y a des nichées plus précoces et surtout plus tardives suivant la saison. Dès février, les femelles gestantes ne sautent plus et s’acculent toujours. Le déterrage se pratique donc pendant la période d’ouverture de la chasse, de septembre à novembre, en décembre, janvier, février si le renard ne saute pas, après la fermeture générale de mars à juin. A partir d’avril, mai, le mâle et la femelle chassent beaucoup pour nourrir leur progéniture affamée. C’est à cette époque de l’année qu’ils causent des dégâts importants dans les élevages et les poulaillers.
L’habitat du renard sous terre se prénomme garenne. Il y a des garennes de renard, de blaireau, ou de lapin. Il s’agit d’un nom générique pour désigner une série de tunnels creusés sous terre, plus ou moins anastomosés, ouverts à l’extérieur par des « trous ». Le renard n’est pas très équipé par la nature pour creuser sous terre (à l’inverse du blaireau). Si bien qu’il occupe volontiers les garennes du blaireau souvent vastes, larges, profondes, améliorées par des générations de blaireaux qui creusent de nouvelles galeries chaque année. Le blaireau est en effet équipé de redoutables griffes sur les pattes antérieures aiguisées et fonctionnelles comme des tracto-pelles… Les garennes de blaireau peuvent ainsi s’étendre sur plusieurs étages à des profondeurs de 3, 4, 5 mètres en terrain accidenté. Le renard cohabite sans problème avec le blaireau, dans ces vastes garennes qui peuvent s’étendre sur plus d’un hectare, le plus souvent en sous-bois ou dans des talus abruptes. Le renard peut créer, sans l’aide du blaireau, des garennes qui lui sont propres. Elles sont alors plus modestes en profondeur ou en étendue, plus étroites en galerie, bien que des générations de renards s’y succèdent en l’améliorant. La femelle gestante prête à mettre bas va chercher à s’isoler et va creuser une garenne pour sa progéniture. Il peut s’agir d’un cul de sac ; elle agrandit une garenne de lapin, ou creuse sous une souche renversée, ou sous une pierre. Avant la mise bas, elle a souvent aménagé 2 ou 3 garennes rudimentaires avec un minimum de traces extérieures et toujours près d’un point d’eau.

L’inspection de la garenne
InspectionElle est indispensable. C’est le premier temps de la chasse qui conditionne sa réussite. Certaines garennes de renard ne sont pas déterrables. Il peut y avoir à cela plusieurs raisons. En premier lieu, le sol qui peut être fiable et présenter des dangers d’éboulements comme le sable, près du littoral côtier. Mieux vaut renoncer dans du sable. Pour des raisons inverses, il faut renoncer quand le sol est trop dur. Dans certains massifs forestiers au sous-sol de granit, le renard creuse sous des éboulis de granit ou dans d’anciennes carrières rendant le travail du déterreur impossible. Comme je l’ai déjà dit plus haut, le renard cohabite souvent avec le blaireau dans la même garenne. Si le renard est déterrable toute l’année, il n’en va pas de même du blaireau qui est protègé par des dates d’ouverture et de fermeture variables, en général 15 juin - 15 septembre, suivant les régions.
L’inspection des trous et des abris de la garenne vous permet de détecter la présence de blaireau. Les trous creusés par le blaireau sont vastes, la terre et les cailloux remués sont évacués des trous par une traînée de quelques mètres en forme de gouttière centrale caractéristique. D’autre part, le blaireau laisse en dehors de la garenne des latrines creusées en entonnoir où il dispose ses laissées. Un oeil attentif et observateur permet au déterreur de savoir si tous ces indices sont « frais » et si le blaireau est là. En cas de doute, il ne faut lâcher qu’un chien créancé sur renard et qui n’attaque pas le blaireau.

Investir la garenne
InspectionL’inspection avant le découplé va rechercher tous les trous potentiels de la garenne. Ceci est facile en milieu découvert de sous-bois, c’est plus difficile en couvert sous des ronces. Certains trous peu fréquentés sont plus ou moins bouchés par des feuilles mortes. Il faut les identifier car ils peuvent servir de refuite au renard. Cette inspection de la garenne peut être bruyante, contrairement à la chasse au sauteux. Il ne s’agit pas là de faire sortir le renard mais de l’empêcher de sortir. Si bien que tous les trous repérés vont être bouchés à la pelle par de la terre à l’exception des plus fréquentés, gardés chacun par un déterreur pendant la chasse. Pendant la période des nichées de mars à juin, l’inspection minutieuse est essentielle. L’herbe est foulée, aplatie autour des trous par le jeu des renardeaux, il y a des traces de plumes de poules ou de canards alentour ou dans les « coulées » de ronces. L’odeur émanant des trous à cette époque est souvent suffisante pour laisser à penser que le garde-manger de la nichée est important. Souvent des mouches entrant et sortant des trous indiquent la présence de charognes accumulées par les parents pour les petits. Autour de la garenne, des reliefs ou des restes de rats, rats musqués, taupes, indiquent bien la nichée. Cependant, en mars, avril, pendant la période d’allaitement, aucune trace n’indique la nichée et les adultes se font très discrets. Souvent la garenne ne semble pas habitée. S’il s’agit de garenne de lapins, la petitesse des trous semble interdire le passage d’un renard adulte. Il faut surtout savoir que le corps de la femelle gestante ou allaitante est très élastique, voire déformable et qu’elle peut passer dans des trous dont le diamètre est largement inférieure à 12 cm.
Ceci est vérifiable chaque année lors du déterrage de printemps.

La chasse
L’inspection terminée, la chasse va pouvoir commencer et vous allez découpler le chien choisi en fonction de l’inspection de la garenne. Si le chien est expérimenté, vous savez déjà par ses trépignements et ses gémissements que la garenne est habitée et qu’il a déjà senti la présence du renard. Très vite, il inspecte tous les trous au nez, et en choisit un. Certains chiens expérimentés, sachant qu’ils vont sûrement trouver le renard, ressortent très vite pour pisser, avant de rentrer à nouveau dans le trou choisi et cette fois pour ne plus ressortir… L’attente silencieuse commence alors. Chaque déterreur près de son trou laissé libre écoute attentivement les mouvements du chien dans la garenne. Si la garenne est grande, l’attente peut durer. Quelquefois, les premiers abois du Jack Russell Terrier éclatent vite, et à leur intensité, vous savez que le renard est là. La poursuite s’engage alors dans les galeries sous terre.
En surface, les déterreurs suivent la chasse, l’oreille collée à terre. Cette poursuite bruyante est passionnante quand elle parcourt toute l’étendue de la garenne. On devine les mouvements du renard aux abois soutenus du chien. Si la garenne est profonde, les abois ne sont perceptibles que par les trous, ou par l’oreille collée à terre. L’écoute peut être gênée par le vent ou par la nature du terrain. Certaines garennes sont réputées inchassables car les abois n’y sont pas perçus. Par exemple, dans des massifs forestiers où le renard à creuser sous des dalles de granit énormes. Ailleurs, au contraire, la chasse est audible facilement et se déroule littéralement sous vos pieds. Puis vient l’accul. Le renard a été poussé par le chien dans un cul de sac et fait front. Les abois redoublent d’intensité sur les attaques du renard puis reprennent leur rythme habituel. Au bout de quelques minutes, on sait que le chien ne bouge plus. Il faut le trouver. L’oreille collée à terre, le déterreur se fait une idée plus ou moins exacte de l’emplacement du chien et va chercher la galerie à l’aide de la pique de déterrage qu’il enfonce dans le sol jusqu’à la profondeur souhaitée et qu’il retire pour écouter, l’oreille au sol, par le trou ainsi créé. Il faut souvent de nombreuses tentatives pour trouver la galerie qui est indiquée par les abois clairs et forts du Jack Russell Terrier. Cette recherche de la galerie est essentielle et délicate. En effet, la pique du déterreur doit toujours se situer derrière le chien, voire sur le chien, c’est l’idéal. Entre le chien et le renard, c’est déjà un peu moins bien. Sur le renard, c’est à coup sûr lui faire attaquer le chien, à éviter à tout prix. Le déterreur qui a suivi la chasse sous terre s’est fait une idée approximative de la position de l’accul et de la situation du chien. Le chien trouvé, il faut creuser.

Le déterrage
Déterreurs au travailLe sol est rapidement nettoyé de ses feuilles ou de ses ronces.Les arbriseaux ou les arbres sont taillés alentour pour ne pas gêner le travail. Le maître d’équipage indique la forme et la direction de la tranchée qu’il souhaite et qu’il essaiera de situer perpendiculairement à la galerie où se trouve le chien et en essayant toujours de la situer un peu en arrière du chien. La pique laissée en place matérialise le repère souhaité : le creusement se fait plus ou moins vite selon la nature du sol, la présence de racines, la profondeur de la galerie. La terre est rejetée vers l’aval de l’emplacement supposé du chien pour ne pas avoir à la déplacer à nouveau s’il faut agrandir la tranchée. La tranchée doit être suffisamment large et longue pour permettre le travail facile d’un homme au fond du trou. On a toujours tendance à faire toujours trop étroit ce qui rend le travail au fond du trou transformé en puits, difficile, voire impossible. Pour éviter cette issue, il faut creuser suffisamment large au début pour permettre d’un côté une descente douce, qui évite la formation d’un puits. Les déterreurs se relaient rapidement et partagent la tâche ; l’un effondre la terre à la pioche ou avec la retellière ; les autres vident le trou. Le travail est quelquefois pénible et il ne faut pas hésiter à faire des relais rapides.
Accul du renard Au bout d’un certain temps, les abois du Jack Russell Terrier au ferme sont perçus par les déterreurs à travers la terre. On arrête le travail pour écouter et situer le Jack Russell, ce qui conduit quelquefois à creuser un peu plus en arrière ou en avant suivant l’opinion du moment et l’idée que l’on se fait de la position du chien. C’est sans doute l’un des moments les plus excitants de la chasse que d’entendre les abois du chien sous vos pieds. Cela redonne de la force aux plus fatigués. Les abois sont de plus en plus audibles au fur et à mesure du déblaiement de la terre. Puis sont très proches. La pelle du déterreur devient prudente et tout d’un coup le sol s’effondre un peu dans la galerie, la voix du chien est claire et redouble souvent d’intensité. La terre est vite déblayée dans la galerie à la main ou avec le rabot. Le Jack Russell est quelquefois tout près et l’on voit sa queue frétiller. D’autres fois, la position du chien n’est pas évidente, parce qu’il est plus loin, ou parce que la galerie se divise. Il faut alors « regarder » dans la galerie, c’est-à-dire pratiquement mettre la tête dedans, dans une position parfois acrobatique, et chercher à l’aide d’un puissante torche électrique la direction du chien.

La fin du renard
Déterrage profond et délicat Ceci est habituellement facile dans une galerie simple où l’on est guidé par les abois du chien et/ou par de la buée (vapeur d’eau) qui se dégage, indiquant la direction du chien et du renard. C’est quelquefois plus compliqué lorsque l’on tombe sur un embranchement de galeries ou bien une superposition de galeries sur deux étages. Le chien localisé, il faut à nouveau creuser dans sa direction, ce qui se fait facilement, quand il est tout près, en effondrant à la pique, au-dessus de lui, la terre qui est évacuée au fur et à mesure. Il arrive pendant cette manœuvre que le chien soit complètement recouvert de terre par instant. Un chien expérimenté en a cure et continue ses abois. Quand le chien a été localisé plus loin, soit à cause d’une faute de localisation des déterreurs, soit parce que l’accul s’est produit en galerie et que le renard a reculé, cette technique n’est plus possible et il faut recreuser plus loin en essayant cette fois de tomber sur le chien.
On comprendra vite que les déterreurs sélectionnent des chiens qui maintiennent les abois du renard très près (5O cm à 1 m) et qui sont suffisamment courageux pour dominer le renard et le remonter d’emblée à l’accul, ce qui évite bien des efforts de pelletage quand la galerie se situe entre 2 et 3 mètres de profondeur. Cette sélection de chien Jack Russell Terrier ayant cette qualité se fait, certes avec l’expérience du déterrage au naturel, mais elle peut se faire rapidement et simplement au terrier artificiel où tout ce travail se déroule à vos pieds et où la qualité du chien est jugée facilement. Lorsque le chien a été localisé, puis déterré et dégagé, les abois se poursuivent et fréquemment, quand le chien est de qualité, le renard est tout près et on l’entend « souffler et ronfler ».
Prise du renardIl faut le prendre et pour cela il faut le voir. En effet, en aucun cas le Jack Russell Terrier ne doit prendre le renard, et dans cette phase délicate du déterrage, il ne faut surtout pas l’encourager, car la prise se ferait vite et le chien pourrait être blessé. Il ne faut pas oublier que le renard, du fait de l’ouverture de la galerie, voit très bien le chien, alors que le chien ne voit pas le renard. Le déterreur enlève donc le chien en le prenant par la queue mais en le gardant près de lui à sa disposition, et se débrouille pour voir le renard en s’aidant de la lampe électrique torche.
S’il est tout près, le travail du chien est terminé, le renard peut être pris à la main ou avec les pinces et rapidement servi au couteau. Il peut aussi être abattu dans la galerie à l’aide d’un pistolet 22 autorisé par la loi. S’il est plus loin, le déterreur doit pouvoir juger de la distance de l’accul. Il faut quelquefois remettre le chien et recreuser en effondrant à nouveau la galerie pour progresser vers l’accul et prendre le renard. Le renard pris, le Jack Russell Terrier est à nouveau enchaîné et on ne laisse pas mordre le renard mort. Il faut lui donner à boire car son travail sous terre, s’il a duré de 1 à 5 heures, l’a épuisé. Voilà à quelques détails près les grandes lignes d’un déterrage avec un Jack Russell.

Particularités de la chasse souterraine
Fin du renardCe qu’il faut savoir, et ce que la pratique apprend avec le temps, c’est qu’il n’y a pas un seul déterrage identique. On prend parfois très vite dans une grande garenne étendue, d’autres fois la chasse avant l’accul est interminable car la « garenne gruyère » permet une refuite indéfinie du renard qui refuse l’accul et ne veut pas sauter. Dans ce cas précis et dans ce cas précis seulement, il peut être licite de mettre 2 chiens sous terre à fin de bloquer le renard et l’obliger à l’accul. Ce faisant, le déterreur prend le risque de voir blesser ses chiens.
En effet, devant le renard acculé, les chiens se gênent et ne peuvent reculer pour éviter les attaques du renard, comme ils le font quand ils sont seuls. Ils sont aussi souvent moins prudents. En règle générale, un seul chien doit être mis sous terre, ceci est vrai pour le renard, et impératif pour le blaireau.
Ailleurs, la nature du terrain et du sous-sol gêne singulièrement le déterrage rendant l’approche finale très compliquée, par exemple quand l’accul a lieu sous une dalle de granit. Cette dalle se trouve au fond du trou et le renard sous la dalle. Il faut être passionné pour ramper sous la dalle prendre le renard à bout de bras pendant que les copains vous tirent par les pieds ! La chasse terminée, il faut reboucher le ou les trous qui ont été nécessaires pour le déterrage.

Reconstituer la garenne
Une règle s’impose : ne pas détruire la garenne. Si possible, essayer de la reconstruire avec les matériaux sur place, pierres plates ou bois, avant de faire tomber la terre.
La place doit être laissée propre et nette.

 
 

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