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Eddie Chapman, éleveur de Jack Russell (1)

Eddie ChapmanEddie Chapman est probablement, à ce jour, l'éleveur qui dispose des lignées les plus proches de celles créées par le pasteur John Russell. Son programme d'élevage, ses résultats spectaculaires sur le terrain, les origines de ses lignées et les qualités spécifiques du Jack Russell sont chez lui les meilleures références qui soient. Des éleveurs et des particuliers viennent chez lui du monde entier se ressourcer et trouver les réponses à leurs interrogations. Voici comment il présente le travail de toute une vie « L'histoire du chenil de Foxwarren », première partie.

Rencontre du vieil homme
« L'histoire de Foxwarren a commencé quand j'étais un jeune homme alors que je me trouvais dans une décharge publique à tirer sur les rats. J'attendais là tranquillement, depuis mon poste d'observation, qu'un rat surgisse quand soudain un vieil homme est apparu avec plusieurs terriers, tout effrénés à chercher les rats parmi les déchets et à les tuer avec la vitesse de l’éclair. Aujourd'hui je réalise que cette rencontre fortuite avec ce vieil homme et ses terriers devaient fixer mon destin pour le reste de ma vie, car ma fascination pour ces terriers n'a jamais cessé depuis.
La chance a joué un grand rôle dans ma vie. La première fois fut sans doute d'avoir rencontré ce vieux trimard, admirateur inconditionnel du Jack Russell terrier, plutôt qu'un quelconque utilisateur d’une autre espèce de terrier. J’étais plus chanceux encore, car le vieux « marteau » était un bon professeur. Il connaissait tout de la race et avait une grande expérience des terriers dans la région du Pays de Gales du sud. Choses que la plupart des jeunes gens de nos jours penseraient impossible sur l’efficacité du travail des Jack Russell terriers. »

Les secrets du vieil homme
« Tout jeune, vieux « marteau » a su apprécier les talents spéciaux de ces chiens. Il avait compris comment les faire travailler avec succès, dans le plus difficile des secteurs ; principalement de vastes éboulis, des affleurements rocheux, des carrières et de vieux chantiers, qui constituaient l'habitat de la population locale des renards et qui ne pouvaient être creusés à la bêche.
Sa méthode était vraiment simple. Elle s'appuyait sur l'instinct de survie des renards, combinée à la manière unique avec laquelle le Jack Russell travaille pour atteindre son but.
Vieux « marteau » était un grand cynophile. Il possédait également plusieurs lévriers qui travaillaient en même temps que ses Jack Russell terriers. Maintes fois ils avaient placé ses lévriers à la périphérie des garennes avant de lâcher son Jack à l’une des entrées du terrier : Invariablement les renards prenaient les mêmes itinéraires que tant d’autres avaient pris avant eux. Le sachant, il menait ses lévriers aux endroits où jaillissaient les renards qu’ils tuaient dans la course.
La capacité du vieux « marteau » à savoir où se tenait le renard était quasi surnaturelle. Il pouvait d’expérience dire à quel endroit exactement sortirait le renard de son terrier sans jamais se tromper. Quelques fois il en dénichait un deuxième ou même un troisième à des entrées différentes de la première. »

Le silence, clef de la chasse au renard
« Le silence était la clef du succès du vieil homme, car bien entendu, un renard averti par des voix humaines n’est plus du tout disposé à quitter sa forteresse. D’ailleurs, le vieux « marteau » se plaçait très rarement près des entrées, sauf lorsqu'il devait diriger un terrier parti trop loin de son objectif.
Les renards sont notoirement des dormeurs légers. Ils peuvent prendre les plus grandes distances envers le moindre son à leur approche. Au premier bruit, qu’il s’agisse des abois d'un Jack Russell ou non, ils prennent aussitôt la fuite plutôt que de risquer une confrontation. Ils s'échappent habituellement par un itinéraire bien établi que des générations innombrables de renards ont emprunté avant eux. Ce que prévoyait le vieux dénicheur et son lévrier.
L’utilisation de cette méthode, enseignée par un grand nombre de renard au vieux « marteau », pour son Jack Russell qui jamais ne se faisait mordre, m’a évidemment considérablement influencé dans ma jeunesse. À quoi on peut ajouter les rappels constants que me prodiguait le vieil homme de n'employer que les meilleures lignées de Jack Russell pour leur modèle unique de travail, d’intelligence et de tempérament. Ses conseils me valurent de rester accroché à vie à l’élevage de la race et qui m’ont tenu en bonne place plus d’un demi-siècle, en travaillant avec mes terriers dans plus de vingt chasses en Grande-Bretagne et en Irlande. »

Eddie Chapman, traduction Dominique Sablons

 
 
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